La bataille de Mărășești, espoir et douleur pendant la 1ère Guerre mondiale

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on pinterest
Pinterest
Mărășești
Source : Flickr.com

L’histoire de la Roumanie pendant la Première Guerre mondiale est fort marquée par une suite de batailles essentielles qui sont connues par les Roumains sous le nom de « batailles de Mărăști, Mărășești et Oituz ». Toutefois, c’est la deuxième d’entre elles qui a influencé le plus le destin politique de la Roumanie. La bataille de Mărășești a eu lieu à partir du 24 juillet/6 août jusqu’au 6 août/19 août 1917[1] sur le territoire de la Roumanie (dans la zone de Vrancea) entre l’armée roumaine, renforcée par des forces militaires russes, et l’armée allemande.

Le principal but de cette bataille était en fait d’empêcher les forces des Empires centraux d’entrer sur le territoire de la Moldavie, la seule région roumaine qui a réussi à garder son indépendance territoriale et politique tout au long de la Grande Guerre. Pour mettre en évidence l’importance de la bataille de Mărășești, il est important de comprendre d’abord mieux la situation politique de la Roumanie dans la guerre.

Bref contexte historique du début de la Grande Guerre

La décision de la Roumanie d’aller au combat au début de la Première Guerre mondiale était une chose pas facile à trancher. À ce temps-là, le pays n’était formé que de trois régions, la Moldavie, la Valachie et la Dobroudja, tandis que ses autres régions historiques, la Transylvanie, le Banat, la Bucovine et la Bessarabie, étaient occupées par l’Autriche-Hongrie et l’Empire Russe.

À 1914, il était très difficile pour les hommes politiques roumains de décider quoi faire dans la guerre, car une alliance avec les Empires centraux signifierait l’impossibilité de récupérer la Transylvanie, le Banat et la Bucovine[2], alors qu’une alliance avec les Alliés impliquerait l’incapacité de recouvrer la Bessarabie[3]. La Roumanie était à ce moment-là dans une impasse. C’est pour cette raison que le pays ne s’est pas mêlé au début de la guerre et il s’était déclaré neutre.

Au cours de l’année 1916, la Roumanie a reçu un ultimatum de la part des Alliés : entrer dans la guerre de leur côté « maintenant ou jamais ». Sous la pression de cette demande urgente, le gouvernement roumain a déclaré la guerre aux Empires centraux, même si la situation sur les fronts des Alliés n’était pas très avantageuse.

          Voici plus d’infos sur la situation politique de la Roumanie au début de la Grande Guerre !

Un commencement néfaste

Pour les troupes roumaines, le début effectif de la guerre a été marqué par un échec terrible, car plusieurs batailles ont été perdues. À cause de ces défaites, la Valachie a été occupée par les forces des Empires centraux à l’automne 1916 et la Moldavie restait le seul territoire roumain libre. À cet égard, les autorités de l’État et la famille royale ont dû quitter Bucarest, la capitale du pays, et se réfugier en Moldavie à Jassy, la capitale historique de la Roumanie. Mărășești Mărășești Mărășești Mărășești Mărășești Mărășești Mărășești

On peut dire que le début de la guerre a mis la Roumanie en face d’un scénario terrifiant et décourageant : entrant en guerre pour récupérer ses territoires perdus au long du fil du temps et les unifier, le pays a en fait perdu l’une de ses régions les plus importantes. Vu les circonstances, l’armée roumaine a dû s’organiser mieux pour défendre la Moldavie en face des attaques d’ennemis.

La bataille de Mărășești – un bref déroulement de la plus importante bataille tenue sur le front roumain

Après avoir occupé la Valachie, les troupes allemandes se sont dirigées vers la Moldavie pour la conquérir et pour contraindre la Roumanie à capituler. Dans ce contexte, ce sont les batailles de Mărășești, Mărăști et Oituz qui ont représenté les actions militaires essentielles grâce auxquelles le territoire de la Moldavie n’était jamais occupé par les ennemis.

Parmi ces trois luttes, c’est celle de Mărășești qui est considérée par les historiens comme la plus grande et la plus importante bataille tenue sur le front roumain pendant la Grande Guerre. La bataille débute par l’offensive allemande de la nuit de 23-24 juillet/5-6 août 1917 quand le front roumain a été bombardé pendant 8 heures.

Le commencement de la bataille n’était pas très encourageant pour les troupes roumaines car, grâce aux directives du feld-maréchal August von Mackenstein, les troupes allemandes ont réussi à occuper le village de Doaga. De plus, à cause des attaques allemandes, la division 34 russe a été presque complètement décimée, donc la défense roumaine était affaiblie et peu nombreuse.

Pendant la journée du 28 juillet/10 août, il y a eu une tentative de récupérer le village de Doaga. Les divisions 5 et 9 d’infanterie roumaine ont attaqué frontalement les ennemis, alors que les divisions 13 et 71 d’infanterie russe ont lancé un attaque de l’ouest. La confrontation a été très sanglante, mais elle a échoué : le village de Doaga n’a pas été récupéré.

Sur le fond des plusieurs désaccords entre le général des troupes roumaines, Constantin C. Cristescu, qui voulait opter pour une action offensive, et celui des troupes russes, Aleksandr I. Ragoza, Cristescu est remplacé par le général Eremia Grigorescu. Vers la fin de cette première étape, les luttes ont été peu nombreuses et moins intenses, à cause du fait que les troupes étaient soumises à un processus minutieux de réorganisation.

L’apogée de la bataille de Mărășești a eu lieu pendant la journée de 6/19 août quand un groupe allemand, composé de 5 divisions d’infanterie et  commandé par le général von Morgen, a attaqué les troupes roumaines. Dans le coin de la forêt de Răzoare, il y a eu des luttes sanglantes, mais les troupes roumaines, commandées par Grigore Ignat, ont fait face à toutes les attaques ennemies.

          Saviez-vous de l’aide militaire française en Roumanie pendant la Grande Guerre ? Cliquez ici pour lire plus d’infos sur le général Berthelot !

Conséquences de la bataille de Mărășești

Au cours de cette bataille, l’armée I roumaine a perdu 27 410 gens, c’est-à-dire 16% de l’effectif des soldats du début de la lutte. 5 125 d’entre eux ont été tués, 9 818 ont disparu et 12 467 ont été blessés. L’armée IV russe a eu aussi des pertes majeures d’environ 25 650 soldats. 7 083 ont été tués, 10 400 ont été blessés et 8 167 ont disparu. La bataille de Mărășești signifie, sans doute, un grand sacrifice humain, mais aussi un rayon d’espoir pour le peuple roumain qui a gagné une forte confiance en le slogan adopté par les soldats à Mărășești : « Il n’y a aucune voie d’entrée ici![4] ».

Bibliographie :

[1] On a donné deux dates tant pour le début de la lutte que pour sa fin à cause du fait qu’il y a deux types de calendriers qui peuvent être utilisés. Ainsi, il existe le calendrier  grégorien , qui correspond à ce qu’on appelle « le nouveau style », et le calendrier julien, qui correspond à ce qu’on appelle « l’ancien style». Même si on utilise le plus souvent le premier type de calendrier, les sources historiques ont l’habitude de préciser deux dates qui correspondent à un seul événement à cause de ces deux calendriers.

[2] L’alliance politique des Empires centraux (ou la Triple Alliance) était formée en principal de l’Allemagne, l’Empire ottoman et l’Autriche-Hongrie. Vu que la Transylvanie, le Banat et la Bucovine étaient des régions roumaines déjà occupées par l’Autriche-Hongrie, la Roumanie se trouvait dans l’impossibilité d’opter pour une telle alliance qui aurait effacé tout espoir de récupérer ces deux provinces historiques. Si la Roumanie avait entré en Guerre de cette côte, elle aurait pu récupérer seulement la Bessarabie.

[3] L’autre coalition militaire, celle des Alliés (ou la Triple Entente), était formée en principal de la France, le Royaume-Uni, la Russie et, plus tard, les États-Unis. La Russie avait déjà en sa possession la Bessarabie, donc faire partie d’une telle alliance signifierait que la Roumanie pourrait lutter pour récupérer seulement la Transylvanie, le Banat et la Bucovine.

[4] En roumain, « Pe aici nu se trece! ».

Si vous êtes intéressés par l’histoire, nous vous invitons à consulter nos autres articles sur ce sujet !

 647 total views,  1 views today

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *