Constantin Brâncuși – « Sagesse de la terre » et « Colonne sans fin » depuis 145 ans

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Constantin Brâncuși
Photographie: flickr.com

Traduction : Ana-Maria Popescu

« J’ai aussi marché sur le sable de l’éternité. » Ce sont probablement les mots qui s’entremêlent le mieux et décrivent la vie et l’œuvre de Constantin Brâncuși, le sculpteur roumain qui a donné un sens différent à l’art de l’époque moderne. Aujourd’hui, à 145 ans depuis sa naissance, il persiste à travers toute la création, il a laissé un héritage au monde entier. 

 

Étape à étape…

19 février 1876. Hobița, Roumanie. La Porte du baiser entre le souffle divin et les terres roumaines, où vient au monde Le Nouveau-Né dont on se souviendra jusqu’à la fin des temps et au-delà, Constantin Brâncuși.

Toute son existence sera sculptée par des sentiments d’enfance. Il ne va pas à l’école,  mais ce qui représentera un élan dans sa formation est l’habileté à sculpter divers objets en bois (généralement apprise en parcourant les plaines avec le troupeau de moutons de la famille) et les départs répétés du domicile parental. Târgu Jiu, Slatina, Craiova… Brâncuși se met au travail dès son plus jeune âge dans un atelier de peinture, dans une épicerie et même dans un pub.

Une autre réussite qui ouvre sa voie professionnelle est la création d’un violon en bois, fait qui a eu pour résultat son inscription à l’École des Arts et Métiers de Craiova. L’ardeur qu’il a pour l’art le poussera à apprendre à lire et à écrire par lui-même.

D’ici, le chemin de son village natal qu’il a quitté commence à se transformer en une route pavée de succès. Il assiste aux cours de l’école des Beaux-Arts de Bucarest et sous la direction du Dr. Dimitrie Gerota, il a réalisé l’œuvre anatomique L’Écorché, pour laquelle il recevra une médaille de bronze et qui attirera l’attention de Marcel Duchamp, cela incluant la photographie de l’atelier de la galerie Brummer à New York en 1933.

Mais l’aspiration Maïstra1 de Brâncuși est de rejoindre Paris, parmi les grands artistes de l’époque. Le premier pas dans la réalisation du rêve est sa première commande, le buste de Carol Davila, qui devrait couvrir ses frais de déplacement, le paiement étant effectué en deux fois. Les résultats ne sont pas ceux attendus. Le conseil qui évalue la sculpture n’est pas satisfait de son apparence. Avec L’Orgueil blessé par l’incapacité du conseil à pénétrer l’essence de la sculpture et avec seulement une partie de l’argent, Brâncuși décide de se rendre à Paris à pied.

(Re)trouver son propre chemin

La route pour Paris n’est pas du tout facile. Brâncuși fait face à une privation financière qui l’empêche de trouver un endroit pour passer la nuit, avec le mauvais temps qui lui provoquera une grave pneumonie, étant même contraint de vendre les vêtements qui lui restaient pour arriver à destination.

Mais la route artistique est plus difficile que la route terrestre. Durant cette période, Constantin Brâncuși est en recherche permanente d’inspiration créative et de définition de son propre style. Au cours du voyage, il visite les musées de Budapest, Vienne, Munich et Zurich qui laisseront une empreinte sur sa création ultérieure, comme c’est le cas avec les sculptures égyptiennes vues pour la première fois à Vienne, un style reflété dans les œuvres de Brâncuși.

Il devient élève d’Antonin Mercié à l’École des Beaux-Arts de Paris, mais qu’il quittera au bout d’un moment à cause de l’insufflation du style d’Auguste Rodin et de son camouflage dans ses créations. Plus tard, Brâncuși est remarqué même par Auguste Rodin dans une exposition, celui-ci lui proposant de devenir disciple dans son atelier, mais sa proposition est refusée, malgré son admiration pour lui.

 Rien ne pousse à l’ombre des grands arbres. 

Paradoxalement, la route de Paris ne représente qu’un retour aux racines roumaines, car Brâncuși choisit d’introduire dans la langue de ses sculptures des éléments avec des « mots roumains », comme le maître oiseau de la mythologie populaire ou les piliers propres aux maisons paysannes.

Le sens de la sculpture, la quintessence de la matière

L’influence de Rodin est marquée par Le Baiser, symbole du sentiment le plus pur, deux amoureux qui se métamorphosent en une seule entité, qui capture la technique de travail de Brâncuși et, en même temps, son credo artistique. Ce qui dicte l’essence d’une œuvre, c’est le matériau dans lequel elle est travaillée. La simplicité de l’apparence représente la complexité du sens. Bien qu’ayant une allure abstraite, les œuvres ne sont que des représentations intemporelles et universelles du concret.

Et l’héritage laissé à la Roumanie dans Târgu Jiu (dédié aux héros de la Première Guerre Mondiale) met en évidence la capitalisation d’éléments et de coutumes archaïques et populaires avec un ponçage moderne. Par simplicité également, il parvient à reproduire le sentiment d’attachement à la terre natale, c’est-à-dire La Sagesse de la Terre.

Le 16 mars 1957, Constantin Brâncuși s’assit pour toujours à la Table du Silence et il est enterré au cimetière Montparnasse à Paris. Mais du haut de la Colonne sans fin, sa mémoire ne durera pas seulement à Paris, Târgu Jiu ou New York, mais elle transcendera n’importe quel espace et n’importe quel moment. 

1« Maître » en roumain.

Sources:

Si la Roumanie vous intéresse, voyez ici l’histoire de 2 des bâtiments impressionnants de Bucarest

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